Le palais de l’Univers
Mercredi, novembre 11th, 2009Pendant presque une année, les membres d’abilem ont planché sur un sujet pour le moins vaste : l’Univers ! De la constitution de notre système solaire, des nébuleuses, des instruments d’exploration, télescopes et satellites au retour à notre terre, sa constitution et enfin l’apparition de la vie !
Ce projet a été réalisé pour le PLUS (Palais de l’Univers et des Sciences) ouvert récemment à Capelle-la-grande près de Dunkerque. Abilem a de nouveau mis ses compétences au service des publics aveugles et malvoyants (cf. Exposition des globes de Coronelli, BnF, 2008) en s’associant à la réalisation du parcours tactile qui leur est dédié. Notre équipe a conçu les illustrations présentées sur une trentaine de plaques gravées qui le jalonnent. Quelques photos in situ : Découvrez les détails techniques de l’élaboration de ce parcours à travers les extraits d’un article de Marie de RAMEFORT, coordinatrice du projet : « S’orienter dans un espace, approcher un contenu scientifique, mettre en relation différents éléments… être autonome dans un espace culturel, c’est la promesse tenue par le PLUS aux personnes mal et non-voyantes.(…)Conçues comme un jeu scénographique discret, les stations sont étudiées pour que l’ensemble des visiteurs puisse les explorer ensemble. Cartes tactiles transparentes avec impressions quadrichromie au verso, plaques en relief - parfois rétro-éclairées - ou encore écorchés (Lunette de Galillée, Satellite de Hubble), les documents attirent doigts et regards… ils suscitent le désir de s’approcher, connaître, reconnaître. Jeunes, adultes, personne en situation de handicap sensoriel ou moteur, tous se rencontrent autour d’un même document. Ces stations sont au nombre 34 Certaines sont composées de plusieurs documents, 42 propositions sont présentées au total. Leur conception a été étudiée par Abilem et Polymorphe Design à partir de ressources communiquées par l’équipe scientifique du PLUS et la muséographe Lucette Valentino Des propositions graphiques ont été soumises à des personnes mal et non voyantes sur des supports thermogonflés. Celles-ci les ont validées ou réorientées. Un vocabulaire de formes, d’images et une typologie de matière ont été dressés. L’objet était de créer des codes graphiques qui facilitent la compréhension des visiteurs non-voyants et facilitent leur mémoire tactile. Ces codes sont, par nature, permanents, ils se présentent dans différentes illustrations. A titre d’exemple, le soleil est systématiquement représenté avec des rayons en forme d’éclairs, les galaxies par des demi-sphères bombées, les miroirs des télescopes et du sextant par des stries en relief parallèles… De même, les informations – qu’elles soient graphiques ou écrites - ont été organisées et hiérarchisées. La mise en page des documents est constante. Les titres sont systématiquement situés en haut à gauche. Rédigés en défonce – soit en creux – ils sont ainsi différenciés des légendes en braille. L’illustration occupe la partie centrale. Lorsqu’elle présente un instrument – télescope, sextant – ou un mode d’observation de l’univers– elle est accompagnée d’un schéma dit d’utilisation de cet instrument. Ce schéma est placé dans la partie inférieure droite. L’image est étudiée pour être transcrite dans des plaques de verre acrylique (PMMA), les niveaux de relief ont donc été étudiés. Très résistant, le comportement du PMMA est stable dans le temps. Sa température de surface est très agréable et donc parfaitement adaptée à l’exploration tactile. La technique de fraisage numérique a alors été utilisée pour réaliser les reliefs. 4 à 6 niveaux ont été crée, ils sont situés entre 0,6 mm au-dessous de 0 et de 2,8 mm au dessus. Des pièces ont été parfois modélisées séparément et ajoutées. Collées, elles forment des points saillants comme c’est le cas des particules de matière sur le modèle de l’accrétion. Les poussières d’étoiles sont quant à elles réalisées en creux. Enfin, pour optimiser l’autonomie des visiteurs déficients visuels, un audioguide est mis à leur disposition. Il propose un parcours adapté avec des informations d’orientation, de localisation des documents et des précisions sur le document lui-même. Ces précisions concernent le format, la composition, et le mode de lecture (horizontale, verticale) de l’image. Il intègre l’ensemble des modules scénographiques soit les films et les manipulations. Les contenus scientifiques sont associés à ces précisions. La démarche innovante du PLUS d’associer l’accessibilité à son plan d’aménagement promet au site d’être labellisée Tourisme et Handicap dès son ouverture. Ses inventions scénographiques donnent la part belle aux médiateurs du service culturel qui vont pouvoir varier les approches et mettre en place des parcours transversaux. » Maitrise d’oeuvre : Emilie Bouquin - Architecte DPLG (ASA - AtelierSOMPAIRAC Architectes) Suivi scientifique et muséographique : Lucette Valentino Partenaires de réalisation : Philippe Moreau, Marie de Ramefort, Cyril Abati, Maud Dupuis merci aux experts et déficients visuels Hoëlle Corvest, Carole Roux, Mariam Elgouzi, Monique Plumecoq merci aux conseils éclairés de Christian Bessigneul (IRAG), Nadine Dutier (APAM)





Les images des globes sont réalisées en 3 niveaux de relief:
l’ensemble de la maquette du globe céleste,
puis quelques images du livre terrestre pages aveugles…

et enfin pour comparer les 2 types de traitements, quelques exemples de pages pour malvoyants.Il s’agissait dans ce cas de travailler sur des contrastes forts en noir & blac et niveau de gris.
Un grand merci à l’équipe de la BnF, à Anne-Hélène Rigogne, à Carole Roux, à Hélène Richard, à Floriane Ollivier.Un grand merci à l’IRAG, Institut de Recherches d’Applications Gravées, à Christian Bessigneul et à Hoëlle Corvest.